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jeudi 17 octobre 2019
dimanche 22 septembre 2019
Journées du patrimoine Limay Yvelines
Limay... toujours
Bonjour à tous,
Pour les journées du patrimoine, j'ai présenté le début de mon abrégé d'histoire de Limay en format PDF
que vous pouvez lire et télécharger gratuitement.
Il suffit de cliquer sur l'image en illustration pour accéder à mon blog général puis sur celle de la petite photo en haut à droite pour accéder au PDF.
Une seconde partie va suivre très prochainement.
Je vous souhaite une bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser un message en commentaire ici ou sur mon blog général.
A bientôt,
Catherine Livet
Bonjour à tous,
Pour les journées du patrimoine, j'ai présenté le début de mon abrégé d'histoire de Limay en format PDF
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Une seconde partie va suivre très prochainement.
Je vous souhaite une bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser un message en commentaire ici ou sur mon blog général.
A bientôt,
Catherine Livet
dimanche 8 septembre 2019
Histoire de Limay - Les Capucins s'installent
Partie 5
Jean Martel, chambellan de Charles
V, au couvent des Célestins

Vers la partie 4

Les protestants s’installent à Limay
Les Capucins séduisent la population
Charles
n’était pas encore le cinquième, il était Dauphin et duc de Normandie et avait
un ami plus qu’un chambellan qui se trouvait à ses côtés à la bataille de
Poitiers ; ce familier de la famille royale qui avait pour nom Jean
Martel fut cruellement blessé là même où le roi Jean le Bon, vaincu, fut fait
prisonnier par les Anglais, ce 19 septembre 1356 et trépassa quelques jours
plus tard ; son corps, plus tard, fut conduit au couvent des Augustins de Rouen.
Sans
doute séduit par la beauté du site sur lequel se trouve la chapelle
Sainte-Christine à Limay, Charles V décide d’installer son fidèle chevalier
Jean Martel après quelques années de travaux, en 1379, au milieu des
frères Célestins qu’il dote très généreusement , sans oublier une rente pour
que les moines disent une prière quotidienne à perpétuité pour le souvenir de
son chambellan. Le roi ne sera pas le seul donateur au profit du monastère qui
va rapidement devenir fort puissant…
Dans quelques temps, les Célestins ne reconnaîtront
plus ni Dieu ni maître… L’archevêque de Rouen, dès le printemps 1774, avisera
le roi de France alors Louis XVI que les Célestins ne rentreront jamais dans le
rang ; un inventaire des biens du monastère des Célestins de Limay fut
dressé
avant sa dissolution qui devint définitive en date du 13 mai 1779. Le comte
Martel de Delincourt, village situé dans le département de l’Oise, avec
l’autorisation de l’archevêque de Rouen et celle de l’assemblée de la paroisse,
fit alors retirer les restes de son illustre ancêtre, de son vivant chambellan
de Charles V, de l’ancienne chapelle des Célestins de Limay pour les installer
dans la petite église de Delincourt dans laquelle, dans la chapelle sud, on
trouve une plaque de pierre qui retrace en quelques lignes la destinée des
restes mortels de Jean Martel jusqu’en 1787 date effective de leur arrivée dans
cette paroisse.
Laissons les Célestins sur leur hauteur et rallions-nous au panache blanc
qui flotte au dessus de la bataille, humons cette bonne odeur de poule au pot
et souvenons-nous que labourage et pâturage sont les deux mamelles de la
France… et oui, nous y sommes… Henri IV et son ministre Sully qui est un voisin
puisqu’il est né ici à la toute fin de l’année 1559, à Rosny, sans
doute même dans le château de Beuron qui se trouve à deux ou trois kilomètres
de celui de Rosny qui ne semble pas avoir été en très bon état à cette
époque ; c’est un calviniste convaincu
et un grand familier de celui qui oscillera, en fonction des besoins du
royaume, du protestantisme au catholicisme et qui, légende oblige, deviendra au
fil des siècles notre « Bon roi ».
Regardons maintenant l’extrait de plan, dit
napoléonien, ci-contre, il n’est donc pas de l’époque de Sully mais ce n’est
pas grave, c’est juste pour situer précisément le lieu où nous nous trouvons à
Limay pour aborder cette partie de son histoire. Nous nous trouvons donc à
l’intersection de la rue des Capucins en haut de la carte et de la rue de la
Truanderie dont une partie, à droite de la croix, était appelée rue de la
Presche en référence aux protestants qui avaient installé leur lieu de réunions
dans une grande maison située à cet endroit. Certains historiens avancent que
Calvin en personne serait venu dans la région pour convertir les habitants, il
aurait séjourné chez les seigneurs d’Hazeville, ce serait à Enfer, hameau de Wy
qui n’était pas encore Joli-Village situé à une vingtaine de kilomètres de
Limay, que Calvin aurait écrit une partie de « l’institution
chrétienne » publiée à Bâle en Suisse en 1536…
Quoiqu’il
en soit, il semblerait que les premières assemblées se soient tenues à Limay
dès 1560 sans doute de manière plutôt clandestine… date qui correspond tout de
même plus ou moins à l’édit d’Amboise signé en 1563 entre le catholique duc de
Montmorency, maréchal de France, et Louis de Condé, chef des protestants ;
une grande liberté de conscience est octroyée aux protestants ainsi qu’une
certaine liberté de culte limitée et très
encadrée, notamment, les réunions ne doivent se tenir que dans le faubourg d’une
seule ville par bailliage qui accueillera tous ceux du ressort qui le
souhaiteront, pour la région, ce sera Limay. Cet édit sera suivi de beaucoup
d’autres apportant des nuances, plus ou moins favorables aux protestants,
jusqu’à celui de Nemours, signé en 1585, qui proscrit la liberté de conscience
et donc, par la même occasion, celle du culte. C’est à Mante, en 1591, que cet
édit dit de Nemours sera annulé.
En
1594, catholique depuis son abjuration du 25 juillet 1593 en la basilique de
Saint-Denis Henri IV assiste, à Mante, à une réunion de députés calvinistes à
qui il aurait déclaré que sa conversion n’avait rien changé à l’affection qu’il
leur portait. En 1598, le fameux édit de Nantes est signé… tout va donc bien
pour les quelques familles protestantes de Limay et des environs… jusqu’à ce
qu’un certain Ravaillac ait l’idée -à moins qu’on ne le lui ait soufflée- de
planter une dague dans le cœur tolérant d’Henri IV en ce 14 mai 1610…
Les frères de Saint-François
d’Assise prirent leur bâton de pèlerin pour aller porter la bonne parole dans
les foyers protestants et de son couvent de Paris, le père Léon est venu jusqu’à
Limay prêcher le Carême en 1614, c’est un Capucin donc de la famille des
Franciscains… Nous sommes bien loin des arrogants et richissimes Célestins car
en plus de leur mission évangélique les Capucins véhiculent une image de
simplicité et de bonté, ils ont l’habitude de vivre dans un dénuement certain
et n’ont pas peur de côtoyer les plus pauvres pour leur venir en aide. A Limay comme à Mante la population est
séduite par le père Léon et dès la fin
de cette année 1614, les notables tant de Mante que de Limay se réunissent pour délibérer pour savoir si les frères Capucins, qui le demandaient,
pouvaient venir bâtir un couvent… peut-être un peu au détriment des
Cordeliers, autres Franciscains qui avaient déjà été un petit peu négligés par
Charles V tant ce roi était occupé par l’établissement des Célestins de Limay,
que les Capucins semblent supplanter dans le cœur de la population… mais c’est,
presque, une autre histoire…
![]() |
|
Exemple de
conversion
|
Et
il fut décidé de les installer au plus près du mal hérétique ; le terrain
nécessaire à l’établissement des moines est vite trouvé car à Limay, tout prêt
du lieu de culte des protestants, se trouve un grand terrain clos de murs qui
allait parfaitement faire l’affaire. Sauf que les protestants de la région s’opposèrent
vigoureusement à un tel voisinage et envoyèrent une protestation au jeune Louis
XIII ; c’est la mère du roi, Marie de Médicis, qui exerce la régence qui
répond en interdisant l’établissement du nouveau couvent jugeant que la
promiscuité avec les protestants risquait fort de jeter la discorde et les
problèmes…
Dans le lettre de la Reine, il n’est nullement écrit qu’il est interdit
de planter une croix au milieu du terrain pour marquer symboliquement sa prise
de
possession.
Tout allait donc se dérouler comme prévu et le 26 avril 1615, jour de Quasimodo,
une grande procession se forme au cours de laquelle la croix des Capucins est bénite
à Notre-Dame de Mante, par Maître Hubert des Barres, doyen du chapitre puis la
croix, en grande pompe, emprunte le pont au bout duquel le père Noblet, curé de
Limay attend… mais lorsque ce dernier veut prendre la tête, juste derière le
doyen tout de même, de la procession sur le territoire de Limay, il est violemment repoussé et son étole lui est même arrachée…
Les
Chiens de Mante viennent de réveiller les Loups de Limay… L’abbé Noblet entend
ne pas en rester là et, entrainant les nombreux paroissiens qui l’entourent, il
se précipite au clos de l’Assomption, nom du terrain dévolu aux Célestins, et
attend de pied ferme la procession de ces Messieurs de Mante et cette fois, le
curé de Limay entend procéder lui-même à la réception de la croix… mais bien
entendu, ceux de Mante ne l’entendent pas de cette oreille et refusent
énergiquement… Ah là là ! Quelle histoire ! Les protestants vont
bientôt pouvoir gloser… Heureusement, avant que les Chiens de Mante se jettent à
la gorge des Loups de Limay et vice versa, le Père Léonard, Capucin de Paris
venu spécialement pour cette grande occasion, intervient en priant l’assemblée
de le laisser seul bénir la croix… ce qu’il fit après avoir revêtu l’étole de l’abbé
Noblet…
Les
lettres patentes autorisant enfin la construction du couvent arrivèrent au
moins d’août 1615 et la première pierre fut posée le 04 octobre suivant,
cependant les travaux ne seront entièrement terminés qu’en 1623.
Les Capucins vont se mêler
étroitement à la population, apportant leurs soins aux pauvres et aux malades
et se dévouant tout particulièrement lors des catastrophes qui ne vont pas
manquer de s’abattre sur le village et la région.
Le temps nous presse, nous avons encore tant de
choses à nous remémorer, empruntons l’ancienne rue du Grès et admirons l’architecture
commune, ces maisons de pierre qui sont là parfois depuis fort longtemps,
Catherine Livet
A suivre
dimanche 1 septembre 2019
Monastère des Célestins et armoiries modernes de Limay
Laissons derrière nous les bords de Seine, traversons précautionneusement les grandes artères et faufilons-nous vite dans les rues anciennes qui nous parlent de l’histoire de Limay dans les Yvelines. Nos regards se portent sur les hauteurs de la ville ou domine une grande bâtisse carrée qui est
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| Photo de Louis de Faucigny |
nommée « château des Célestins »… N’est-il pas normal pour des moines portant un nom si évocateur de vouloir bâtir leur maison sur les hauteurs, au plus près de la voute céleste ? A dire vrai, d’autres raisons ont fait qu’il y a longtemps… très longtemps, une communauté religieuse s’est établie dans le village… Fermons les yeux, oublions ce château… concentrons-nous, tentons de nous souvenir de nos manuels scolaires… voilà, nous y sommes presque… des réminiscences d’histoire de France assaillent nos neurones… Les Valois, les Plantagenêts… la guerre de Cent ans… Charles V… le mythique chevalier Du Guesclin… Mais oui, nous y sommes totalement… en plein Moyen Age ! Et oui, il y avait des Anglais sur ce territoire dont nous parlons… Charles V dit « le Sage », est le premier fils de roi à porter le titre de Dauphin, il est le fils de Jean dit « le Bon » ; Charles II de Navarre qui sera appelé « le Mauvais » réclame, entre autres choses, le trône de France, il a de grandes possessions en Normandie, il s’allie pendant quelques années avec les Anglais dont le roi, Edouard III Plantagenêt, a aussi revendiqué le trône de France et c’est même, pour un temps, proclamé roi de France, ce dernier a pour fils Edouard qui restera dans l’histoire sous le nom de « Prince
noir » et qui infligera une cruelle défaite aux Français, en 1356, à la
bataille de Poitiers où il fait prisonnier le roi Jean le Bon. Le Dauphin de
France devient alors Régent du royaume puis Roi au décès de son père en 1364.
Charles de Navarre dit « le Mauvais », cousin du roi de France, et
les Anglais tiennent la Vallée de la Seine, les habitants de Limay se sont-ils
habitués à croiser ses étrangers qui ont investi la place de Mante et qui
occupent Limay, empêchant les bateaux de ravitailler la capitale qui crie
famine…. Les Parisiens grondent… il faut trouver une solution… Charles V
![]() |
| Bataille de Coquerel – mai 1364 – Chanson de Du Guesclin – Jean Cuvelier |
ville
de Mante et pour se faire, un stratagème que l’on attribue parfois au capitaine
Guillaume de Launoy est élaboré. Une trentaine de soldats triés sur le volet
s’infiltrent dans Mante sous des prétextes divers et prennent bien soin, pour ne pas attirer l’attention, de
faire croire qu’ils ne se connaissent pas. Une vingtaine de soldats revêtent des
habits de vignerons sous lesquels ils cachent les meilleures armes qu’il soit
possible d’avoir alors. Ils se présentent à la porte par petits groupes et
demandent à travailler aux vignes pour gagner leur journée… Cette demande fort
courante dans cette région couverte de treilles est reçue sans soulever un seul
soupçon et la petite porte leur est ouverte… Promptement, ils s’emparent d’une
charrette qui sortait de la ville et la jette en travers du pont pour empêcher
la fermeture de la porte et aux cris de « Launoy !
Launoy ! » ameutent les hommes de Du Guesclin, tant ceux déjà en
place que ceux qui attendent leur heure tapis dans les environs… Furieusement, comme un seul homme, ils se
jettent alors dans la place… et comme les habitants sont encore pratiquement
tous profondément endormis, la défense est médiocre et, pour tenter d’échapper
aux Français, la population n’a que la solution de se réfugier dans l’église…
Mante est prise et Meulan le sera dans quelques jours…
Cette
prise de Mante n’est pas racontée de la même façon par Jean Froissart, pourtant
chroniqueur célèbre du 14e siècle, qui parle aussi d’une ruse mais dit
que le Maréchal Boucicaut, à cheval et en armes et accompagné de ses hommes,
aurait demandé l’ouverture des portes en prétendant être sauvagement poursuivi…
Laissons
là ces querelles et profitons du calme revenu à Limay car la paix ne va pas
durer et les Anglais reviendront, dans quelques temps, arpenter le village…
En attendant, regardons encore les
hauteurs sur lesquelles se trouve notre château des Célestins… Avant qu’il ne soit
construit il y avait déjà quelques habitants qui vivaient dans une saine
solitude près de la source
vitale qui s’appelle la Carrelée qui alimenta Mante
incapable, repliée derrière ses murs, d’être autonome pour ses besoins
primordiaux. Cette présence humaine est
attestée dès l’an 1363 et confortée en 1367 par l’érection d’une chapelle en l’honneur
de Sainte-Christine. Charles V, désireux d’installer des moines Célestins dans
la région, en acquit les droits ainsi que ceux sur ses dépendances ; Il
dédie le monastère à la Sainte Trinité qui est dès lors symbolisée par trois
fleurs de lys indissociables.
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Lettrine de la charte de la fondation du monastère des
Célestins de Limay
|
La
charte qui régit la fondation du monastère des Célestins à Limay revêt une
importance particulière puisqu’elle précise l’emploi des trois fleurs de lys qui
deviendront le symbole officiel du royaume de France… Cette charte est expédiée
en février 1376 et est cachetée du sceau ancien ; l’enregistrement de
cette charte est authentifiée par un sceau à trois fleurs de lys mais il faut garder
à l’esprit que Charles V utilisait déjà un sceau ordonné à trois fleurs de lys dès
1375 comme il est attesté par une charte datée du 07 décembre de cette année.
A
Limay, nous devons donc un troisième élément de notre écu à Charles V ou aux
Célestins, comme il plaira à chacun… et même un quatrième puisque soutenant l’écu
se trouve une croix pattée sur laquelle s’enlace la lettre S. Si l’on voit bien
la référence directe au monastère des Célestins avec l’utilisation de la croix
pattée, le S reste un peu mystérieux et bien compliqué car il représenterait l’initiale
de la ville de Sulmona qui se trouve dans les Abruzzes, en Italie, berceau de l’ordre
des Célestins où Pierre de Morrone, futur éphémère pape Célestin V, a fondé l’abbaye
du Saint-Esprit… Si l’on retrouve la croix pattée sur l’écu de Porcheville, en
référence aux possessions porchevilloises de nos Célestins, on ne retrouve nulle
part ce S.
Charles
V dit le Sage se serait-il arrêté à Limay juste pour nous offrir un monastère
richement doté et un bouquet de lys ?
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