Laissons les Célestins sur leur hauteur et rallions-nous au panache blanc qui flotte au-dessus de la bataille, humons cette bonne odeur de poule au pot et souvenons-nous que labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France… et oui, nous y sommes… Henri IV et son ministre Sully qui est un voisin puisqu’il est né ici à la toute fin de l’année 1559, à Rosny, sans doute même dans le château de Beuron qui se trouve à deux ou trois kilomètres de celui de Rosny qui ne semble pas avoir été en très bon état à cette époque ; c’est un calviniste convaincu et un grand familier de celui qui oscillera, en fonction des besoins du royaume, du protestantisme au catholicisme et qui, légende oblige, deviendra au fil des siècles notre « Bon roi ».
Regardons maintenant l’extrait de plan, dit napoléonien, ci-contre, il n’est donc pas de l’époque de Sully,
mais ce n’est pas grave, c’est juste pour situer précisément le lieu où nous nous trouvons à Limay pour aborder cette partie de son histoire. Nous nous trouvons donc à l’intersection de la rue des Capucins en haut de la carte et de la rue de la Truanderie dont une partie, à droite de la croix, était appelée rue de la Presche en référence aux protestants qui avaient installé leur lieu de réunions dans une grande maison située à cet endroit. Certains historiens avancent que Calvin en personne serait venu dans la région pour convertir les habitants, il aurait séjourné chez les seigneurs d’Hazeville, ce serait à Enfer, hameau de Wy qui n’était pas encore Joli-Village situé à une vingtaine de kilomètres de Limay, que Calvin aurait écrit une partie de « l’institution chrétienne » publiée à Bâle en Suisse en 1536… Quoiqu’il en soit, il semblerait que les premières assemblées se soient tenues à Limay dès 1560 sans doute de manière plutôt clandestine… date qui correspond tout de même plus ou moins à l’édit d’Amboise signé en 1563 entre le catholique duc de Montmorency, maréchal de France, et Louis de Condé, chef des protestants ; une grande liberté de conscience est octroyée aux protestants ainsi qu’une certaine liberté de culte limitée et très encadrée, notamment, les réunions ne doivent se tenir que dans le faubourg d’une seule ville par bailliage qui accueillera tous ceux du ressort qui le souhaiteront, pour la région, ce sera Limay. Cet édit sera suivi de beaucoup d’autres apportant des nuances, plus ou moins favorables aux protestants, jusqu’à celui de Nemours, signé en 1585, qui proscrit la liberté de conscience et donc, par la même occasion, celle du culte. C’est à Mante, en 1591, que cet édit dit de Nemours sera annulé.
En 1594, catholique depuis son abjuration du 25 juillet 1593 en la basilique de Saint-Denis Henri IV assiste, à Mante, à une réunion de députés calvinistes à qui il aurait déclaré que sa conversion n’avait rien changé à l’affection qu’il leur portait. En 1598, le fameux édit de Nantes est signé… tout va donc bien pour les quelques familles protestantes de Limay et des environs… jusqu’à ce qu’un certain Ravaillac ait l’idée - à moins qu’on ne la lui ait soufflée - de planter une dague dans le cœur tolérant d’Henri IV en ce 14 mai 1610…
Livre 16 x 24 cm - Dos carré collé - 337 pages - Nombreuses illustrations - Auteur : Catherine Livet pour la
collection "Destins d'ancêtres" de Becklivet - Imprimerie Messages Sas. ISBN
9782493106018 - Dépôt légal mars 2022 - Sortie le 29 mars 2022
Dans
le plus grand silence possible, dans la nuit du 09 au 10 novembre, Georges et
tous les autres s’affairent. L’obscurité et le froid brouillard qui règne permettent
de jeter aussi discrètement que possible des planches sur ce qui reste du
barrage détruit pour improviser une passerelle. Le 415e passe ainsi,
sur le point de franchissement qui lui a été assigné, tout entier mais
malheureusement, il n’en est pas de même, un peu plus loin,pour le 142e régiment d’infanterie
qui se retrouve bientôt incapable de progresser tout comme le régiment qui
devait passer à un autre point.
Lorsque
le brouillard se lève au milieu de la matinée, les Allemands ouvrent un feu
permanent sur les différents points de franchissement qui avaient été préparés
empêchant toute traversée aux deux régiments en retard mais aussi… rendant
impossible un repli par le 415e dont les trois bataillons se
trouvent alors face à un ennemi fort de cinq régiments armés de mitrailleuses
lourdes et dotés d’une puissante artillerie qui entre en action avant que les
tirs allemands de mitrailleuses se déchaînent contre le 415e qui
doit se replier et trouver refuge devant la voie ferrée qui se trouve là… la
situation est critique et une compagnie se retrouve réduite à une poignée
d’hommes… L’enfer dure jusqu’à ce que, vers 18 heures, la nuit tombe apportant
avec elle une certaine accalmie dont les désespérés survivants du 415e
profitent pour se regrouper.
20 octobre 1917
Victor Edmond Moussard
[...] Après
les affrontements de la veille, la matinée est particulièrement calme,
l’après-midi se déroule sans incident… vers 21 heures une patrouille du 35e
d’Infanterie, [...] se heurte [...] à une patrouille allemande… [...] 22 heures, une
patrouille [...] reconnaît les abords d’une
batterie allemande [...] rien à signaler… Mais voilà que,
brusquement, violemment, tous se tournent vers le quartier de droite [...] il est 0 h 15 et un méchant tir vient
d’être déclenché [...] le sous-lieutenant Billoque se bat comme un lion… [...] Il ressort du récit
du prisonnier que c’est une troupe d’élite qui avait préparé et exécuté ce coup
de main qui a avorté grâce à la vigilance, l’énergie et le superbe courage des zouaves…
dont quatre sont tués et trois blessés et il faut déplorer deux disparus et
parmi les tués de ce jour, le caporal Moussard, notre Victor Edmond…
14 octobre 1916 En cette fin d’année 1916, dans les ruines qui racontent la brutalité des combats passés, le secteur apparaît maintenant bien calme ; d’ailleurs, le 14 octobre, il n’y a rien de particulier à signaler… c’est la routine qui semble s’être installée… Charles Deflesselle, avec la 1ʳᵉ compagnie de mitrailleuses, monte aux avant-postes pendant que les hommes de la 2ᵉ compagnie qui tenaient les positions avancées jusque-là, se rendent au cantonnement de repos [...] C’est là que, tout compte fait, il y a quelque chose à signaler : un homme est blessé et le soldat Deflesselle Charles est tué. Mort pour la France le 14 octobre 1916 à La Butte du Mesnil dans la Marne [...]
09 octobre 1918, le décès d' Armand Arteil est transcrit sur les registres de la mairie de Limay, dans les Yvelines. Mort pour la France ! le 1ᵉʳ septembre 1917. Le nom d’Armand Léon, ordre alphabétique oblige, sera le premier gravé sur le monument aux Morts de Limay, immédiatement suivi par celui de son frère Louis, Léger Marcel. (À découvrir dans le tome 1 de "Les Poilus de Limay")
08 octobre 1915 Robert Bessin et les hommes du 119ᵉ régiment d'infanterie sont dirigés, en automobiles, vers Gouy-en-Tournois, pour un repos bien mérité. Ils ont lancé attaque sur attaque pendant trois jours de suite et tenu la position conquise durant neuf jours... Le drapeau du régiment sera décoré de la Croix de guerre...
06 octobre 1914 Emile Prunet, notaire et maire de Limay dans les Yvelines, lieutenant au 3ᵉ bataillon, 12ᵉ Cie du 73ᵉ régiment d'infanterie territoriale, débarque à Dunkerque. Dans la soirée, les hommes sont mis en état d'alerte... Cette fois, plus aucun doute n’est possible, le 73ᵉ territorial vient d’entrer en campagne… et, même si les hommes du 73ᵉ ne peuvent pas l’imaginer, ils vont connaître l’enfer… La canonnade semble ininterrompue, les hommes ne savent même plus où ils se trouvent, ils sont incapables de donner la date du jour…
05 octobre 1918 Ferdinand Spatuzzi Il est né en Italie en 1875, naturalisé français le 23 septembre 1910 et appelé au 163ᵉ régiment d'infanterie le 12 décembre 1914. Mort pour la France ! en service commandé à Limay, dans les Yvelines.
29 septembre 1914
le sergent Paul Prunet est à la tête de sa demi section du 22ᵉ régiment d'infanterie territoriale.
À 11 h 45, ils partent à l'assaut.
À 15 h, le
vacarme devient assourdissant… les shrapnells viennent exploser au-dessus des hommes
du 22ᵉ en projetant en pluie violente, dans toutes les directions,
les centaines de balles qu’ils contiennent… Le sergent Prunet est touché…
26 septembre 1918 (Extrait)
Le
26 septembre 1918, on n’entend plus rien tant le vrombissement des moteurs des
avions domine… Ils sont là-haut nos prestigieux aviateurs, aux commandes de
leur Spad VII ou de leur Nieuport 17 […] Ne sont-ils pas magnifiques nos intrépides pilotes ? Tentons de suivre des
yeux le lieutenant Boby de La Chapelle, c’est du vif-argent qui coule dans ses
veines […]
Mais, que se
passe-t-il ? Le lieutenant Boby de La Chapelle serait-il devenu la cible
du chasseur allemand ? On a vu les éclairs meurtriers lancés par la
mitrailleuse ennemie venir ricocher sur le fuselage de l’avion qui semble avoir
tangué…